Biographie succinte du 12ème Chamgön Kenting Taï Situpa

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Le 12e Chamgön Kènting Taï Situpa est né en 1954 au sein d’une famille de fermiers vivant dans le royaume de Dergé du Tibet oriental. Alors que sa naissance s’était accompagnée de l’apparition de nombreux événements de bon augure, il put être retrouvé grâce à un écrit prédictif laissé par le 11e Taï Situpa mais aussi à une lettre qui, composée de la main même du 16e Gyalwang Karmapa, détaillait la marche à suivre pour mener à bien cette recherche. Après avoir été formellement reconnu, ce fut en premier lieu le 14e Dalaï-lama qui se chargea de lui conférer les vœux initiaux de renonciation au monde ordinaire lors d’un rituel dit de la coupe d’une mèche de cheveux. Puis, lors d’une cérémonie grandiose qui se tint au siège monastique de Palpung Thubtèn Chökor Ling à laquelle participaient le Roi de Dergé et nombre de dignitaires religieux et civils, le 16e Karmapa l’intronisa formellement en tant que 12e Taï Situpa.

 

En 1959, la situation politique le contraint à l’exil, d’abord le Bhoutan puis l’Inde où, en particulier à Gantok (Sikkim) et à Darjeeling, il reçut l’essentiel de son éducation. Ce fut également pour lui l’occasion d’accomplir un long pèlerinage qui lui permit de fouler le sol de tous les principaux lieux sacrés de l’Inde et du Népal.

 

En 1966, il était alors dans sa treizième année, les principaux dignitaires religieux de Palpung le menèrent au monastère Dharma Chakra de Rumtek dont le 16e Karmapa Rangjung Rigpé Dorjé avait fait son siège monastique et où il demeura durant neuf années. L’année 1973 fut celle de son ordination monastique par le 16e Karmapa. En plus de celui-ci, il eut là l’opportunité de s’instruire jusqu’à l’âge de vingt ans auprès de plusieurs grands maîtres dans les domaines de la philosophie bouddhique, de la littérature, des arts, des sciences traditionnelles, de l’histoire, des rituels, de la méditation, des danses sacrées, des mandalas, de l’astrologie tibétaine, de la médecine et autres savoirs ancestraux.

 

Après avoir complété son éducation en recevant de multiples enseignements et en s’astreignant à plusieurs retraites, il quitta le monastère de Rumtek à vingt-deux ans, en 1975, et ainsi que le voulait la tradition, alla fonder son propre siège monastique, Palpung Shérab Ling. Ce monastère est situé dans l’Himachal Pradesh, une province du nord-ouest de l’Inde.

 

En complément du 16e Gyalwang Karmapa Rigpé Dorjé qui fut son principal instructeur, la liste de ses principaux maîtres est riche de personnages tels que, entre autres : le 14ème Dalaï-lama Tenzin Gyatso, Nyenpa Rinpoche Tènpa Nyima, Sakya Dakchèn Drolma Podang, Dilgo Khyèntsé Rinpoché, Khyabjé Kalu Ranjung Kunkhyab, Khènchèn Trangu Rinpoché, Saljey Rinpoché, Tulku Orgyèn Rinpoché, Khènchèn Sangyé Tenzin Rinpoché, Nyoshul Khèn Rinpoché, Khènchèn Kunchok Tenzin, Khènchèn Khedrup Phuntsok, ainsi que les vénérables Détchen Tsewang, Yongey Özèr Rabgyé et Tsébri Lama.

 

En 1980, à la demande de nombreux disciples, il effectua son premier voyage en Europe qui le mena en Amérique du Nord, avant de se rendre par la suite en Australie et en Asie du Sud-est. Là remonte la création de l’Institut Maitreya dont l’objectif est de faciliter les rencontres interreligieuses. Aujourd’hui, Taï Situ Rinpoché dédie une bonne partie de son temps et de son énergie aux projets oeuvrant à la protection de l’environnement, de la paix et de l’harmonie dans le monde. En 1989, il put concrétiser ces engagements sous la forme d’un tour du monde, le « Pèlerinage pour une paix active, un monde unique pour l’humanité ».

 

À la fin du second millénaire, les liens qui l’avaient uni au précédent 16e Karmapa le rendirent naturellement responsable des opérations de recherche et de reconnaissance du 17e Gyalwang Karmapa, Orgyèn Trinley Dorjé né en 1985, ainsi que de son intronisation. Et son rang unique au sein de la lignée Kagyü lui permit également de reconnaître plus de trois cents tülkous et de procéder, jusqu’à ce jour, à l’ordination monastique de plus d'un millier de moines et moniales.

 

Aujourd’hui, Taï Situpa partage son temps entre sa pratique personnelle et la poursuite des activités de ses prédécesseurs. Ce qui lui permet d'oeuvrer à la préservation du savoir véhiculé par sa propre lignée en le transmettant à la nouvelle génération des maîtres et des pratiquants. Reconnu pour ses capacités à enseigner le Dharma avec une grande simplicité, le renom dont il jouit touche également aux domaines artistiques, entre autres ceux de la poésie, des arts plastiques, de la calligraphie, de la photographie, de la composition écrite et de la compilation des textes majeurs de la tradition bouddhique.